Constitution
Là
Je m'écorche
Aux décors souterrains
De l'instant
Je déboussole
Mon encre
Je me met dans un angle et
Attend le soir pour
Me mutiler un peu les joues
Un peu d'allégresse en
Echange de quelques sphères
Je joue mon amas
D'hémoglobines vertébrales
Je marche
Nu
Dans un parc et
Poursuis l'angle
Des cheveux au coin des rues
Cela est aisé
Mais j'acoquine
Le danger avec des armes
D'acier tranchant les doigts
de quelques passants
Spirituels
Je répète
La langue retournée dans ma gorge
Répétition des ornements
Comme un grand lac
Paré d'embuscades
Salées au détroit de la mer
J'agace les membres des choses
L'encrure s'assèche
Aux eaux fortes
En attente de mer
L'eau chaude est un vilain défaut
Mais au fond
Je n'ai peur de rien
Je casse ma boîte
Pleine d'ouvertures
Sur les piliers
Qui maintiennent l'édifice
Rapide
Je violente les morts
Et attend les déménagements
J'accule et fais
De mon angoisse la matière caniculaire
j'y descend
Et décide de fermer la porte
Je suis sanguinolent
Devant la cour
Je ris comme un aigle déçu
C'est bien cela
La déception des terres
Abolies
Les privilèges
Pourtant
Je vis dans un château
Et confie
Mes pierres précieuse
Aux justes qui nimbent l'aurore
L'avarice
D'un souffle manqué
J'ouvre le placard
Et des animaux
Se couchent sur ma langue translucide
Hélas : Les graines poussent souvent en retard
Je trafique
L'angle d'un angle
Tue une bestiole avec mépris
et ouvre les yeux sur
La haute splendeur volatile
D'une femme ensorcelée
Dominante libre de la dissolution
Une femme que je réchauffe
Pensif
Une graine de femme
Que je rattrape à l'envers mais
Que j'habille à l'endroit
Sur la grande Muraille de Chine
Immensité nimbée de fleurs
Trop bleues
Très claires
Sans savoir
J'enlace
Mais je souligne que j'ai
Le poitrail d'un barbare
On me transfère de salle
J'atterris
Quelque part
A l'intérieur du monstre
Sous des écailles révulsées
Je lui dit
QU'ENFANT
JE JOUAIS A LA PYRAMIDE RUSSE
LES MAINS POSEES SUR LA MURAILLE DE CHINE
Quelqu'un clame
Le sexe poétique martial
C'est ainsi que
Je m'assoupis dans le sable et
Le silence céleste.