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Univerciel (III)

vendredi 13 avril 2007, par Christophe Manon dans la rubrique Plexus-S, auteurs invités

Bientôt du ciel nous fendrons bientôt la voûte et lancerons un plan nouveau pour de futurs Octobres rouges car bouillonne en nous l’antique source des révolutions et sa vigueur sanguine vibre encore dans nos cœurs ivres d’insurrections et de clameurs. Nous viendrons alors à surgir car nous sommes partisans, camarades, depuis que le monde est monde et jusque dans les fibres les plus ténues de nos entrailles. Nous avons la rudesse inflexible, l’acharnement silencieux, l’indifférence au feu, au supplice et à la destruction que nous ont transmis des générations de nomades, des générations de guerriers errants à travers steppes et toundras, des générations de stalkers mutants méprisant aussi bien leur vie que celle des autres en général. Depuis des millénaires nous avons appris ce dont on a besoin pour vivre, camarades. Depuis des millénaires nous avons appris à tuer pour vivre, mais nous n’usons de la violence que contre la violence. Nous rendons deuil pour deuil. Nous voulons un sang juste, l’exacte vengeance, car nous sommes les derniers d’une espèce vaincue. Notre peau est l’unique bannière sous laquelle nous marchons.

Maintenant seulement maintenant nous pouvons en finir avec la fraternité terreur car nous avons nourri notre cœur de rêves extravagants. Calmes, nous sommes calmes comme ceux qui ont vu la mort en face sans cesser de sentir l’idée vivante. Nous luttons contre l’absurdité impardonnable du monde et nous intériorisons la lutte si complètement que nous devenons nous-mêmes la lutte. Nous nous saisissons de notre être propre pour briser la loi séparatrice et vouer l’humanité à l’univerciel car cette époque est le prologue du drame où changera l’axe des sociétés humaines. D’un pas limpide nous nous affranchissons dans l’horreur et vers les animaux très clairs.

Nous sommes prêts à basculer dans l’indécidable car nous savons maintenant, nous savons que l’espoir n’est pas une illusion lyrique. Nous sommes plongés dans. Plongés dans la multiplicité continue des êtres et des choses mais au cœur de la vie, au cœur de l’instant merveilleux, dans une ivresse qui fait bombance de couleurs et d’air. Nous sommes les semeurs des paroles urgentes et des idées qui sauvent. Nos rêves peuvent affronter l’armée des faits et la mettre en déroute.

Rien au monde ne pourra nous obliger à plier les genoux, à renoncer à notre identité humaine. Nous mettrons bout à bout l’infini et l’infini. Nous joindrons l’éternité à l’éternité. Nous affirmons les droits de l’infini et de l’immortel contre le calcul des intérêts.

Nous allons vers un pays où parlent les arbres, où les associations scientifiques ressemblent à des vagues ondoyantes, où les hommes ont les poumons plus vastes que les merocéans, où existent les armées printanières de l’amour et du rire, où le temps fleurit comme un cerisier et propulse comme un avion à réaction. Nous allons vers un pays où le soleil blanchit de sa lumière l’intense campagne, où les paysages en rêvant trient le temps dans le même espace, où les oiseaux scintillent par-dessus les nuages et les grillons en délire soupirent dans l’air inanimé. L’horizon là-bas n’a plus de secrets pour nous car le soleil n’a pas de patrie. Nous allons ouvrir des fenêtres dans les crânes et percer des trous de vers à travers l’horizon.

Voici des fugitifs l’heure planétaire. Voici la chute stellaire hors des captivités. Voici la Terre qui s’élance dans l’immensité. Désormais vivre va prendre un sens nouveau. Nous finirons par dépasser notre propre mesure tandis que les vaincus s’éteindront en faisant table rase comme afin que le vide dissimule le vide. Nous fendrons des pans entiers de la réalité haletante. Notre souffrance et notre corporelle misère seront les voûtes de la nouvelle vie. Notre nuit sera l’éclatante lumière et de nos espoirs défunts les grâces pousseront. Nous sommes définitivement rebelles indépendamment des chances que nous avons de modifier l’état de fait car nous savons que la rébellion n’entretien aucun rapport aucun avec la pragmatique des résultats.

Tenez bon, camarades, et prenez soin de votre précieuse santé. Tenez bon. Levez la tête. Maintenant nous savons maintenant de quel pouvoir nous sommes investis. Bientôt nous briserons les fers. Bientôt nous briserons les faits. Car l’utopie d’hier est la science d’aujourd’hui. L’heure est venue de conquérir l’espace et de monter à l’assaut des étoiles. Vive la révolution des astres et des êtres ! ¡ Pouvantes stop ! ¡ Célestuaires terrestrales grr. grr. ça suffit !

Christophe Manon

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