Plexus-S

un site proposé par Mathieu Brosseau

À propos       Bio et présentation       Liens       Agenda      Contact     
Accueil du site > Laboratoire d’écritures > Parler est une diablerie
Parler est une diablerie

mardi 19 juillet 2011, par Mathieu Brosseau dans la rubrique Laboratoire d'écritures

Parler est une diablerie

On ne pourrait penser autre chose, formuler est une diablerie, quand Satan vient s’immiscer dans la langue spontanée, il y a des circonvolutions, des images flous, des manipulations de toutes sortes et les faits nous quittent, les faits sont tronqués, les faits ne sont plus prononçables que par énonciation ou méconnaissance

Dire du diable, je te tiens la queue, je te tiens par la barbichette, je te tiens, je te prends sur la table, vase clos, on ne peut plus y mettre de fleurs, ni rien, il est fermé, vase clos, hors du temps, foutu calendrier, tu te bagarres en moi contre tous les temps de l’action, les faits sont marqués d’une croix rouge sang et mon sang passe

Diablerie, c’est-à-dire que tout est court-circuité et qu’il devient impossible de parler sans se tromper, dire le vrai certes, mais jamais factuel, ô faits, si je vous trouve, je vous demeure, je vous tue en autant de recoins dans lesquels vous feriez mieux de vous cacher, afin de ne plus rencontrer ma mémoire

Parler juste est chose absurde au pays des drogues et transmissions de pensées, nous nous fabriquons en autant de fictions qu’il y a de pays éphémères, le temps passant raide, le reste est un reliquat du vivre selon, qui agit contre agit selon !, les batailles sont autant d’interdépendances malheureuses, le vin, tu veux le sang du Christ ? Tu veux en boire sans l’alcoolisation fidèle des malheurs d’autrui, je me lâche, je tombe sur toi, grand vaniteux

L’alcool pour mieux se déborder, spontanément, c’est-à-dire avec la Joie des esprits éphémères, je vous dis qu’il ne l’a pas tué, il est innocent, je ne suis pas coupable, l’alcool est la maladie du coupable, je ne suis pas coupable, parler est une diablerie, comment me retrouverai-je dans tout cela, juste et aussi frais que pierre au soleil ?

Les travers de viande, diable est viande en aval, diable est confusion des genres, diable est amplification de la voix, diable est ampli du réel, diable est sorcier en sa tombe, diable est mort en 1942, diable est langue d’à-côté, je ne lui ferai pas garder mon bébé,

Parler est diablerie du genre, je ne sais plus si je suis une fille ou un mec, je ne sais plus, bordel de merde, je ne sais plus tirer sur lui, tu prends la gachette, tu prends, tu tires, tu n’es plus, c’est ce que veux diable,

Diable veut que tu ne sois plus, diable veut que tu vois à l’envers, diable veut te voir à l’envers. Parler veut que tu sois dans la phase électrique du maintenant, Parler veut que tu sois sous l’impulsion noble d’une création sonore, Parler veut te voir vivre, Parler veut te voir à l’endroit et ENTRE CES DEUX FEUX, TU PRENDS SILENCE

Logiquement, il existe une parole juste, et papa s’y jette, comme moi dans tunnel, comme moi dans gouffre, comme moi dans sexe, je suis né d’un coït brutal, maman animale, maman prénatale, maman surface, j’ai le visage de sa douleur

1 Message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | réalisé par Rature.net