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Thomas B. Reverdy

Thomas B. Reverdy.

Né en 1974.

Enfance heureuse. Éducation éclairée, humaniste.

Mon grand-père, Jean Reverdy, fut collaborateur de Le Corbusier, puis de Jean Prouvé. Ayant dépensé un peu de sa jeunesse et de ses talents d’ingénieur à construire la ligne Maginot, il rejoignit « Corbu » à Paris, lui proposant ses services pour rien, après avoir lu le Modulor. Au cours de sa carrière d’ingénieur, il inventa notamment les structures irriguées qui permirent de construire les premiers buildings à armature métallique résistant à la déformation par le feu, en cas d’incendie. La chose fut testée sur la place de son petit village de Dordogne avec le concours d’un cousin, bricoleur de génie, et des pompiers volontaires de la commune. C’était une autre époque du progrès. Se sachant vieillir plus vite que je ne grandissais, il entreprit à ma naissance de m’écrire une « lettre » dont me restent depuis sa mort 18 classeurs de 500 pages, emplis d’une belle écriture au feutre et de dessins, où il « empila », jour après jour, souvenirs et réflexions que lui inspiraient la marche du monde ou mes premiers pas.

Ma mère était professeur d’économie politique au CNAM, où elle fut longtemps l’assistante de Jean Fourastier, avec lequel elle réalisa, entre autres, une étude de l’évolution des prix au XIXe siècle à travers La Condition humaine de Balzac, et une autre sur l’invention du marché de l’art moderne à travers l’école de Barbizon. C’était une autre époque de l’économie, où il s’agissait encore d’observer, de lire et de penser. Le CAC 40 n’existait même pas. Elle me laissa orphelin à 19 ans, avant qu’on ait eu le temps d’en discuter vraiment. Me restaient sa thèse, des articles, des photos de danse et une bibliothèque.

Je crois qu’on écrit des lettres pour les vivants, et puis des livres pour les morts.

Mes trois premiers romans, La montée des eaux (Seuil 2003, Points 2010), Le ciel pour mémoire (Seuil, 2005) et Les derniers feux (Seuil, 2008), constituent une sorte de cycle. Ce sont, si l’on veut, des romans de formation. Ils racontent les errances du souvenir, le deuil, l’amitié aussi, la « bande de potes » avec qui tenter de tout oublier, faire la fête en luttant pour que l’enfance ne passe pas, dans un présent qui se fissure, où se multiplient les disparitions et les petites trahisons de la mémoire. Les derniers feux ont obtenu, en 2008, le Prix Valery Larbaud. Peu à peu je suis devenu écrivain. J’ai liquidé ma biographie, mon être social, je lui ai donné une forme, des mots, je l’ai transformé en style. Ne restent plus de mon enfance que ces trois romans. Mots pour mots. Rangés avec ceux de mes chers disparus.

En 2009, avec Martin Page, nous avons publié un recueil de préfaces écrites par une quarantaine d’auteurs français, à des livres qui avaient marqué leur parcours de lecteur ou d’écrivain : Collection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches, éditions Intervalles. Ce fut une expérience jubilatoire. Tous les amis contactés se sont pliés à l’exercice avec une sincérité et une modestie remarquables. Chacun était heureux de livrer là une part importante, intime, de lui-même, avec l’espoir de servir un texte qu’il avait aimé. Comme un orchestre, un groupe, une troupe d’interprètes plus que d’auteurs. C’est un très beau livre pour qui recherche des conseils de lecture.

J’ai également réalisé les photos d’un curieux livre d’histoire, aussi singulier que passionnant : Le dossier Bertrand, jeux d’histoire, Manuella éditions. Celui-ci réunissait autour d’un « jeu » les historiens Philippe Artières, Anne-Emmanuelle Demartini, Dominique Kalifa, Stéphane Michonneau, Sylvain Venayre. Pourtant je ne suis pas photographe.

Mon dernier roman, L’envers du monde (Seuil, 2010), se situe dans le New York de l’après 11-septembre.

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